La soirée avait mal commencé. Mayssam, Charlotte et moi étions parties explorer un nouveau restaurant latino, mais avions cogné nos nez sur un endroit qui, visiblement, n’était pas prêt d’ouvrir. Mines basses, l’envie de quinoa et d’avocat était toujours là. On appelle Twitter à la rescousse pour un boui-boui latino dans les environs, et l’on part à l’aventure.

Après deux coins de rue, notre œil est attiré par le mot « tajine. Au diable les enchiladas, nous entrons au Salon Mogador, restaurant marocain. Le serveur très affable nous accueille. Je détecte un accent latino. J’ai déjà envie de pouffer de rire, de me lever de table et de lui demander où est la meilleure pupuseria du coin. À la place, je vais à la salle de bain et passe devant la cuisine où je vois plusieurs assiettes (entrées) déjà préparées à l’avance. Mauvais signe.

On débute avec des crevettes qui, par leur chaleur variée, ont visiblement été réchauffées au micro-ondes et une soupe harira dans laquelle il y a des spaghettis coupés (très marocain!). Le tajine d’agneau arrive, et là aussi, surprise il y a des petits pois en conserve avec les légumes racines. Des olives farcies d’une grande tige de poivrons verts flottent aussi dans la sauce. « Hmmmm », me dis-je. « Elles ressemblent étrangement aux olives servies à l’arrivée. Pas mangées la veille? Et hop dans le tajine du lendemain ».

Cette impression s’est avérée vraie lors que le serveur vient remplir notre panier de pains pitas avec une corbeille qui avait visiblement servi pour la table de clients précédents. Nous nous regardons toutes les trois bouches bées. Nous avons tellement ri!!! Au moment du dessert, on se demandait si l’on ne devait aller le prendre au bar de Toqué! histoire de contrecarrer tout le reste de la soirée!

Finalement, le serveur sympa n’est pas latino, mais Malgache et le chef ainsi que le propriétaire sont bels et bien Marocains. Mais bon, je crois que cette soirée-là, j’aurais du attendre un peu plus longtemps les suggestions sur Twitter  de suggestions latinas (qui sont venues nombreuses 20 minutes plus tard) et l’on aurait du s’en tenir au pollo y arroz!

Pas toujours facile la vie d’exploratrice de restaurants!